Voie d’Espoir en Belgique : une journée de rencontres institutionnelles autour de l’adoption internationale et de la recherche des origines
Après les Pays-Bas, la mission européenne de Voie d’Espoir s’est poursuivie ce mardi 20 octobre 2026 à Bruxelles, en Belgique, avec une nouvelle série de rencontres institutionnelles consacrées à l’adoption internationale, au droit aux origines et à l’accompagnement des personnes adoptées dans leur quête d’identité.

Cette journée a notamment permis aux représentants de l’organisation haïtienne, Michel Joseph, fondateur-président, et Dirk Vermeyen, trésorier, de s’entretenir avec des responsables du Vlaams Centrum voor Adoptie (VCA) et de l’Afstammingscentrum, deux institutions flamandes intervenant, à des niveaux différents, dans les questions d’adoption et de recherche des origines.
Le Vlaams Centrum voor Adoptie (VCA) est l’autorité centrale flamande compétente en matière d’adoption. Il intervient dans l’encadrement et le contrôle des procédures d’adoption nationale et internationale, ainsi que dans l’information et l’accompagnement des personnes concernées par l’adoption.
L’Afstammingscentrum, ou Centre flamand des origines, est une structure spécialisée dans les questions de filiation et de recherche des origines. Créé à l’initiative des autorités flamandes, il accompagne notamment les personnes adoptées, les personnes nées d’un don de gamètes et les personnes concernées par les séparations familiales liées à l’histoire coloniale belge. Sa mission comprend l’accès à l’information, l’accompagnement psychosocial, l’aide aux recherches familiales et la médiation lorsque des contacts avec des proches sont envisagés.
Au cours de cette première rencontre, les représentants de Voie d’Espoir ont présenté l’organisation, son histoire, sa mission et les actions qu’elle mène en Haïti pour accompagner les personnes adoptées d’origine haïtienne et les familles biologiques dans leurs démarches de recherche et de reconnexion.
Les discussions ont également permis aux institutions belges de présenter un état des lieux de l’adoption internationale, les dispositifs existants en matière de recherche des origines et les défis auxquels sont confrontées les personnes adoptées lorsqu’elles tentent de reconstituer leur histoire personnelle.
L’accès aux dossiers d’adoption, la fiabilité des informations, la recherche des familles biologiques, les enjeux de confidentialité et l’accompagnement émotionnel ont constitué autant de sujets d’intérêt commun.
Une deuxième rencontre avec l’Autorité centrale communautaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles

En fin de journée, Michel Joseph et Dirk Vermeyen ont poursuivi les échanges avec la Direction de l’Adoption – Autorité centrale communautaire (ACC) de la Fédération Wallonie-Bruxelles, lors d’une rencontre organisée à son siège, situé au 44, boulevard Léopold II, à Bruxelles.
Cette institution est chargée de l’organisation et du contrôle des procédures d’adoption relevant de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tant pour l’adoption interne que pour l’adoption internationale.
Les discussions ont porté sur le travail de Voie d’Espoir en Haïti, ses méthodes de recherche, ses procédures de vérification des informations, ainsi que les mécanismes de médiation et d’accompagnement mis en place auprès des familles biologiques et des personnes adoptées.
Les représentants de l’organisation ont également présenté les initiatives développées sur le terrain, notamment RAPWOCHE/KONEKTE, mis en œuvre en collaboration avec Plan Kiskeya grâce au financement d’INEA, et RASIN, déployé dans la région des Palmes avec le soutien de l’Ambassade de France et la collaboration de SSI France. Ces projets contribuent notamment à l’enregistrement des familles biologiques, à la documentation des histoires familiales, aux enquêtes de terrain, à la réalisation de tests ADN et à l’accompagnement des éventuelles retrouvailles.
Des échanges essentiels dans un contexte de remise en question de l’adoption internationale
Ces rencontres interviennent dans un contexte où les questions relatives à l’adoption internationale occupent une place grandissante dans les débats européens.
De nombreuses personnes adoptées prennent aujourd’hui la parole pour réclamer un meilleur accès à leurs dossiers, comprendre les circonstances de leur adoption, retrouver leurs familles biologiques et obtenir des réponses sur d’éventuelles irrégularités ayant entouré certaines procédures.
En Belgique, comme dans plusieurs autres pays européens, ces préoccupations alimentent des réflexions sur les pratiques passées, les responsabilités institutionnelles et la nécessité de renforcer les dispositifs d’accompagnement des personnes concernées. Pour Voie d’Espoir, ces échanges représentent une occasion importante de mieux comprendre les approches développées dans les pays d’accueil, de partager les réalités du terrain haïtien et d’identifier des pistes de coopération susceptibles de faciliter les recherches d’origines. Ils permettent également de rappeler une réalité souvent insuffisamment prise en compte : la recherche des origines ne concerne pas uniquement les personnes adoptées vivant à l’étranger. Elle implique aussi les familles biologiques restées dans les pays d’origine, parfois sans nouvelles de leurs enfants depuis plusieurs décennies.
À travers cette mission européenne, Voie d’Espoir poursuit ainsi ses démarches de dialogue avec les institutions publiques, les organismes spécialisés, les partenaires et les acteurs engagés dans la recherche des origines. À l’heure où de plus en plus de personnes adoptées réclament des réponses sur leur histoire, la coopération entre pays d’origine et pays d’accueil apparaît indispensable. Car le droit de connaître ses origines ne devrait pas dépendre des frontières, de la disponibilité des archives ou des moyens dont dispose une personne pour entreprendre ses recherches.
VE